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Cha'vari

Qu'est ce qu'il y a derriere un livre ?

Article de blog écrit et illustré par T.Thomas
Extrait issu du livre « Comprendre son Alimentation, Tome 1, les Fondamentaux »

Un livre en librairie, c’est un objet fini. Propre, calibré, prêt à être lu. Ce que l’on ne voit pas, c’est ce qui l’a précédé : parfois des années de travail, des dizaines de relectures, des centaines de décisions invisibles. C’est des écrits parfois à quatre heure du matin et parfois des semaines de pages blanches angoissantes. Et je vous propose de vous parler ici, de tout ce qui se passe avant que vous n’en lisiez la première page, de ce dernier livre acheté, sagement posé sur votre table de cuisine ou votre table basse, à côté d’un thé et d’un plaid douillet. 

L'écriture, c'est bien plus que de juste mettre des mots qui se suivent

Ecrire un livre, ce n’est pas s’assoir et tout écrire du début à la fin. C’est un peu comme dans cette série, Valeria, de Elisabet Benavent. On ouvre son ordinateur, on tape un premier jet et… parfois rien. Parfois beaucoup. On avance, recule, supprime, recommence. Non cette formulation n’allait pas… et puis là,  cette action… il fait quoi après le perso’ ? 

Pour un livre technique ou d’essai, ce sont des heures, des heures et encore des heures (vous avez oublié des heures) de documentation, vérification,  épluchage assidu et notes avant de synthétiser et attaquer la rédaction du premier jet. 

Pour un roman, je suis la partisane des structures et des systèmes alors avant d’écrire, fonction de l’univers, on crée… 
Un monde : carte avec tous les espaces d’eau, les villes, les montagnes, les forêts, les volcans… mais aussi les bestiaires d’animaux, végétaux, des ethnies locales, avec leurs modes de vie. Plus c’est complet, et plus il facilite l’écriture. Je prends l’exemple de l’univers de Raymond E. Feist et Janny Wurts, dont les livres se basent sur une même dimension mais avec des ethnies différentes.  

La construction de tous les personnages : du personnage principal aux différents personnages secondaires et tertiaires qui interagissent et font avancer l’histoire. Qui sait peut être que l’un d’eux sera le personnage principal du livre suivant ? (Au dernières nouvelles, le personnage de Zoro dans One Piece, un personnage secondaire extrêmement présent, va avoir un livre dédié à son histoire)

La cohérence de la narration et le rythme des scènes : là dessus, chacun a son mode d’écriture ! Certains font des « squelettes » tandis que d’autres commencent par la fin. Mais ce sera le sujet d’un prochain article ! 

Tout ça s’organise, avant même qu’une première soit écrite généralement. Le premier jet est normalement pas celui qu’on publie. C’est le plus celui où vient l’inspiration. On ne la bride pas, on écrit tout ce qui est imaginé. L’affinage du manuscrit se fait ensuite, à la relecture. Le jet sert donc à poser la matière. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait ensuite.

Dans mon cas, et parce que j'adore la polyvalence, j'écris autant des romans d'horreurs, de polars et de fanfictions que des livres plus techniques autour de l'alimentation et de la santé. C'est d'ailleurs sur ce dernier sujet que j'édite, c'est un sujet que je connais, que j'ai pratiqué et que je transmets.
Mais même avec ce bagage, structurer un contenu dense pour qu'il soit lisible, progressif et utile au lecteur demande un travail de fond

La relecture : plusieurs étapes, plusieurs regards

La relecture, ce n’est pas juste une seule chose. C’est un processus composé de plusieurs étapes : 

  • Relecture de fond

    La structure tient-elle ? L'argumentation est-elle cohérente ? Les chapitres s'enchaînent-ils bien ? On regarde l'architecture.

  • La relecture de style

    Le ton est-il cohérent d'un bout à l'autre ? Y a-t-il des répétitions, des lourdeurs, des formulations qui sonnent faux ? C'est souvent l'étape la plus longue et la plus subjective.

  • La correction orthographique et grammaticale

    Les fautes, les accords, la ponctuation. On croit que c'est simple mais c'est le plus gros nerf de la guerre ! Parce qu'on finit par ne plus voir ce qu'on a écrit. Alors cela devient pratique avant d'envoyer son manuscrit à une correctrice de faire une première relecture soi même avec un logiciel pour limiter et rendre plus lisible et digeste la lecture pour la personne. Ainsi elle aura moins de mal à relire et a se plonger dans l'histoire de l'écrivain.

  • La relecture finale sur épreuve

    Epreuve à la fois horriblement traumatisante quand on a sa correctrice en face de soi et à la fois l'une des expériences les plus gratifiantes, excitantes et géniales ! C'est la dernière passe sur le document mis en page : le fait d'enfin décrocher les yeux d'un écran pour lire sur papier aide beaucoup pour corriger les coquilles restantes et améliorer sa mise en page. C'est normalement une étape de finition.

Les bêtas-lecteurs, pourquoi c'est indispensable ?

L’art des bêta-lecteurs. Aimer lire c’est primordial. Etre capable de construire des retours constructifs et bienveillants aussi. Quand un auteur débute, cela peut être compliqué d’oser et de s’adresser à des personnes que l’on ne connait pas. Mais la problématique de s’adresser à un proche, indépendamment de la personne, c’est que celle ci peut manquer d’honnêteté. Un bêta lecteur n’est pas un ami, il fait parti de vos tous premiers lecteurs, celui qui dira ce qui est bien, et ce qui ne fonctionne pas, n’est pas compréhensible, ce qui le perd ou l’ennuie. 

Pour un livre technique comme un livre sur l’alimentation, on cherche des bêta-lecteurs avec des profils variés : quelqu’un qui connaît le sujet (pour valider la justesse), quelqu’un qui ne le connaît pas (pour valider la clarté), et quelqu’un qui appartient à la cible exacte du livre (pour valider la pertinence). Trois regards, trois angles, trois séries de retours à digérer. Et plus votre panel est grand (en restant gérable ! 50 personnes c’est trop mais si vous avez entre dix et quinze retours) plus cela vous permet d’avoir un début de réponse pour améliorer et affiner votre manuscrit.  

Attention c’est une étape chronophage ! Il faut attendre, lire les retours, décider ce qu’on garde et ce qu’on transforme. Et recommencer si nécessaire. Mais c’est ce qui fait la différence entre un livre qu’on pose au bout de trente pages et un livre qu’on finit.

Un manuscrit non relu par des bêta-lecteurs, c'est un auteur qui parle dans sa propre chambre d'écho. Les angles morts qu'on ne voit pas seul sont précisément ceux que le lecteur verra en premier. Et puis honnêtement nous ne sommes jamais partial avec notre manuscrit !

Deux voies différentes : l'édition traditionnelle ou l'auto-édition ?

Enfin fini ! Votre manuscrit est fin prêt ! Vous avez réalisé vos relectures, fait une première correction au moins des coquilles et passez l’étape des bêtas-lecteurs. La suite logique vient de publier … mais ou et qui choisir ? De nombreux choix s’offrent à vous :

edition Traditionnelle

Les plus connues sont les maisons d’éditions. Lorsque votre manuscrit est pris en charge chez l’une d’elle, elles prennent normalement à charge la correction professionnelle, la mise en page, l’impression, la distribution et une partie de la promotion. Mais en contrepartie -et c’est une importance extrême que de lire les contrats et les petites lignes-, vous n’êtes plus la seule personne à décider pour la réalisation et tous ces prestataires doivent vivre de leur travail : vous ne toucherez donc que 4 à 8% du prix de chaque livre vendu en tant que primo-auteur. Certains auteurs, une fois connus et avec une base de lecteurs solide peut toucher plus de royalties sur ses ventes, mais là aussi, cela se fait à la discrétion de chaque maison. En outre, vous pouvez, selon les entreprises, être consulté pour participer à la maquette du livre, son visuel final, sa couverture, si c’est un livre souple ou rigide… mais cela varie. Et dernier point d’intérêt, certaines maisons font signer des contrats contenant des clauses obligeant les auteurs à leur fournir tous leurs manuscrits. A prendre donc ces partenariats avec des pincettes, certaines seront parfaitement adaptées à vos projets et d’autres… moins pour vous. Peut être plus pour une autre personne. 

Dans cet univers très vaste, il existe… 

– les grandes maisons d’éditions qui gèrent la majorité du marché et qui sont pratiquement toutes rassemblées sous trois grandes entreprises distinctes, le groupe Hachette étant le plus conséquent et celui qui représente la plus grosse part du marché de l’édition. 

– les maisons régionales et indépendantes, qui sont plus petites, permettant un suivi et potentiellement un rapport plus proche et personnalisé. Leur rayon d’influence n’est pas aussi conséquent mais elles représentent tout autant l’édition et l’image sérieuse que les lecteurs en ont. De plus, elles sont généralement bien voir mieux perçues du public selon la niche que vous recherchez. 

– les maisons à compte d’auteur. Particulières, il y a souvent des déconvenues avec puisque à l’instar des autres structures, l’auteur doit payer ici pour réaliser sa promotion, sans garantie que cela ne fonctionne mieux. La pratique n’est pas illégale, certains auteurs ont de bons retours de ces structures et d’autres moins. 

Dans chaque cas, pour chacune de ces structures, le fait de déléguer une partie de votre charge de travail implique nécessairement d’amputer votre revenu. Vous investissez de l’argent pour vous permettre de gagner du temps ou pour demander à une autre personne de gérer l’édition et la communication, des sujets à la fois vastes et complexes. Sauf que ! Si vous souhaitez gagner plus sur vos ventes, avoir un rapport plus proche de vos communauté ou simplement pouvoir gérer de bout en bout votre projet si durement rédigé à la sueur de vos fronts et de vos cernes, il existe un chemin semé d’embuches, méconnu et à la fois très présent : l’auto-édition. 

 

Auto-Edition

Bonne nouvelle ! Vous supervisez l’entièreté de votre livre ! Mauvaise nouvelle : vous supervisez l’entièreté de votre livre. De l’écriture jusqu’au produit final, sa promotion et son envoi, c’est vous qui gérez. 

Alors oui certaines plateformes comme Amazon vous soulagent d’une partie de la gestion mais toujours sur le même principe : par rapport à une commission plus ou moins conséquente. A vous de calculer ce que vous acceptez de mettre dedans. Dans tous les cas, certaines actions sont obligatoires et à moins d’être multi potentiel ou très débrouillard et curieux, entourez vous de professionnels pour vous corriger et illustrer votre ouvrage. 

Pour les illustrations de couvertures, vous pouvez en avoir à tous les prix, l’important en tant qu’auteur indépendant va alors d’être de trouver un univers qui vous plait, savoir si la personne fait des illustrations de livres (si la personne est maquettiste c’est un réel plus) et la contacter avec votre plus belle prose et une explication claire, ouverte et bienveillante sur votre projet et ce que vous recherchez pour avoir un devis et des tarifs, comprenant les droits d’auteurs. Vous pouvez aussi essayer par vous même avec un papier et un crayon ou en misant sur une couverture plus simple mais provenant de vous. 

Pour les correcteurs, il y a plusieurs choix : 

  • Pour un roman, un livre imaginé, un correcteur professionnel est vivement recommandé. 
  • Pour un livre technique, quelqu’un avec la double compétence ou spécialité afin de vérifier également la véracité de vos propos est capitale. L’humain est faillible. Un autre cerveau et une nouvelle paire d’yeux est plus que bienvenue pour garantir du sérieux de votre travail. 
 

Partons maintenant sur la suite : les imprimeurs ! Il en existe énormément sur le marché français et européens, chacun avec des particularités, des services et des tarifs différents. De par votre statut d’auto éditeur, vous imprimez de petites quantités. Toutes ne travailleront pas nécessairement avec vous. Vient alors un travail de démarchage pour contacter chacune des entreprises qui peuvent vous fournir le type de prestation que vous souhaitez et correspondre à vos valeurs. Contactez en plusieurs, comparez les prix, et répondez à tous. 

Ensuite vient la promotion, la communication donc et la vente. L’avantage d’une vente sur site officiel est l’absence de commissions. Mais peut paraître moins pro, sérieux ou sécurisé qu’une plateforme connue. Vient alors les sites de financement participatif (Ulule, KissKiss BankBank) qui proposent une voie hybride intéressante : contre avantages, vos potentiels clients achètent votre livre et vous permettent de financer la totalité de vos coûts tout en construisant une communauté de lecteurs dès le départ et de vendre tout le volume de livres achetés de manière sûre et certaine. Pas de gaspillage, chaque ouvrage imprimé a déjà son lecteur qui l’attend !  

Ce que coûte un livre, Chiffres de 2025-2026

Recettes rapides et simples à réaliser

J’aborde ici le coût sur un livre technique illustré de 306 pages hors pages de gardes, et les dépenses réalisées : 

  • Correction professionnelle : 10,00€ à 15,00€ pour 1 000 mots donc pour environ 85 000 mots > 850,00€ à 1275,00€
    Dépend du niveau de correction, du temps passé, du devis souscrit.
  • Illustration :  400,00€

    Couverture incluant le dos et la 4ème de couverture.

  • ISBN : 37,00€

  • Epreuves : 3 x 20,00€ = 60,00€
    Impression d’un seul exemplaire afin de tester et vérifier les rendus, l’alignement, la mise en page, etc. 
  • Dépot à la Bibliothèque Nationale Française : Gratuit et à réaliser 
  • Impression par tirage : 11,00€ / tirage soit 110,00€ hors frais de port 
    prix unitaire pour 100 exemplaires
 
Couts globaux : 1 772,00€ avant impression des exemplaires.
Sachant que les tarifs sont indicatifs et ne représentent pas chaque type d’ouvrages entre ceux qui contiennent de nombreuses illustrations et ceux qui ont plus ou moins de mots. De même, fonction des professionnels à qui vous vous adressez, votre tarif peut varier. 

Vous écrivez un livre ?

Vous avez un projet qui cherche son visage ?

Je prépare un espace Notion complet pour accompagner les auteurs dans le processus d’écriture, de la première idée à l’épreuve finale. Suivi de chapitres, gestion des bêta-lecteurs, planning de corrections, checklist avant envoi à l’imprimeur. Il arrive bientôt.

 

Je suis également illustratrice, si vous avez un projet à illustrer, n’hésitez pas à consulter mes offres. Nous pouvons également convenir d’un appel visio de 20 minutes. C’est sans engagements, nous discutons ensemble de votre projet, vos besoins et votre enveloppe budget afin d’établir une collaboration équilibrée et adaptée.